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PLASA 2026 : Robert Juliat découpe toujours plus finement la couleur et tisse un réseau au cordeau

Décomposer le blanc pour mieux le reconstruire : envisager la lumière dans le détail de ses composantes, avant même de dessiner son faisceau. Au PLASA London 2026, Robert Juliat présentait sa découpe Bizet 8 couleurs, le viseur FollowSight, tout en contribuant au développement de Sig-Net.

Wayne Howell et Thierry Dupont au PLASA London 2026

De la théorie au tangible

Annoncée avec le Fresnel Bizet à l’ISE, la découpe donne un autre contour à cette recherche colorimétrique. Rouge profond, rouge, ambre, vert, cyan, bleu ciel, bleu roi et jaune composent son moteur ; le constructeur annonce un IRC supérieur à 98, une équivalence avec l’halogène 2 kW (souvenir ému des séries 700…), tandis que RJ Color gère la colorimétrie dans le projecteur. La couleur entre dans la construction même de la source, pour produire ce blanc qui semble aller de soi.

Côté poursuites, l’innovation cible le regard ! Celui de l’opérateur, pour alléger les contraintes de visée, libérer le geste. Présenté avec Tristan, FollowSight transforme l’iPhone en viseur numérique. Loin des viseurs bricolés en fil de fer ou des fameux Telrad de la Maison de l’Astronomie, adresse “informelle” partagée entre poursuiteurs parisiens… et au-delà. La caméra fournit une image zoomable, enregistrable, sur laquelle ajuster une cible au centre du faisceau ; les réglages peuvent être mémorisés (FollowSight). De quoi limiter les furtifs balayages d’un point de visée cherché à la mouche… L’application s’utilise avec toute poursuite, Robert Juliat ou pas.

FollowSight

Toutes les poursuites, donc… à quand Android ?

Ce “petit” supplément porte sur la visée ; le geste reste à 100 % celui de l’opérateur. Comme au Moulin Rouge, qui conserve la commande manuelle de l’iris des Morgane, pour préserver la patte des poursuiteurs : offrir des possibilités techniques sans dicter leurs usages, laisser libre cours à l’artistique.

Partager le réseau, pas tous les droits

L’investissement pointilleux de Robert Juliat se prolonge désormais plus finement encore côté réseau. Robert Juliat se situe actuellement à la croisée de l’interopérabilité et de la cybersécurité qui accompagnent les évolutions des protocoles lumière face aux nouvelles obligations réglementaires (CRA). Il figure parmi les premiers fabricants à soutenir le développement de Sig-Net. Sig-Net était présenté au pavillon CyberSecurity avec SNOW ; une initiative signée Wayne Howell, créateur d’Art-Net et Directeur général de Singularity. Thierry Dupont rapporte le travail mené entre fabricants pour y démontrer l’interopérabilité des produits participant à l’initiative. En détail : deux protocoles gratuits d’utilisation, sans redevance de licence (Sig-Net, §1.2 ; SNOW, §1.3). Sig-Net permet d’autoriser la conduite du système sans accorder les droits de reconfiguration ; en mode sécurisé, il authentifie les paquets sans les chiffrer (Sig-Net, §4–8 et 13.3.2). SNOW, quant à lui, intervient lors de l’intégration des appareils pour leur transmettre les clés cryptographiques par une connexion chiffrée temporaire (SNOW, §6). Ainsi, une console extérieure compatible, disposant des autorisations nécessaires, peut prendre la conduite du kit sans pour autant pouvoir modifier sa configuration.

Du côté de la distribution, un node compatible peut préserver la distribution DMX, sans étendre la protection Sig-Net jusqu’aux projecteurs ; l’adaptation des nodes existants reste cependant à vérifier modèle par modèle, en matière de capacité de traitement comme de latence (Sig-Net, §6.8.2, 10.6 et 14).

Claus Spreyer et Ludwig Lepage au PLASA London 2026

La philosophie de ce projet est donc de fédérer le plus de constructeurs possibles autour d’un même protocole. Protocole lui-même pensé dans l’optique de réduire l’obsolescence des équipements déjà présents sur le marché ; une volonté de continuité saluée par le jury du PLASA avec l’Award for Innovation attribué à Singularity pour Sig-Net.

Le règlement européen sur la cyberrésilience impose aux fabricants d’examiner les usages prévisibles de leurs produits pour en évaluer les risques de cybersécurité. Le maintien de protocoles anciens ou moins sécurisés peut être envisagé lorsqu’il est nécessaire pour préserver l’interopérabilité, à certaines conditions : identifier les risques, mettre en œuvre des mesures compensatoires, documenter les conditions d’utilisation nécessaires.

Il est également important de noter qu’actuellement, l’adoption de Sig-Net ou SNOW ne garantit pas la conformité CRA du produit final (Sig-Net, §1.3 ; SNOW, §1.4). Côté calendrier, une première obligation s’applique déjà : depuis le 11 septembre 2026, les fabricants doivent signaler les vulnérabilités activement exploitées et les incidents graves affectant la sécurité de leurs produits. Les principales obligations du règlement s’appliqueront ensuite le 11 décembre 2027 ; les produits mis sur le marché avant cette échéance bénéficieront, eux, d’un régime transitoire, sauf modification substantielle à compter de cette date, sans être dispensés des signalements déjà requis.

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