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Les lumières des villes

Qui aurait pensé, il y a seulement soixante ans, alors que la lumière électrique atteignait tout juste nos scènes, que les villes modernes, à la fin du XXe siècle, réfléchiraient à la manière d’éclairer leurs rues et leurs façades. Cela force à chanter les louanges des villes qui choisissent de s’animer, s’embellir, s’anoblir, grâce aux nombreuses techniques et technologies offertes en ce début de XXIe siècle. Mais cela suffit-il ? Voilà plusieurs années maintenant que les festivals d’hiver nous donnent l’occasion d’arpenter les rues lyonnaises et parisiennes : Lyon a ses “lumières”, Paris ses “Nuits Blanches”… Les grandes manifestations populaires, telles que les journées du patrimoine et la fête de la musique, ont fait des émules… Tout le monde dehors, on anime, au mieux on thématise, cela coûte finalement assez peu et rapporte beaucoup. Il n’est pas ici question de contester l’importance et la légitimité de tels événements dans les villes, cela serait absurde et déplacé. Mais, il serait sans doute opportun de s’interroger sur la singularité des projets artistiques proposés, sur le ton imprimé par la multiplication des projections lumineuses spectaculaires sur les façades ou encore les gigantesques écrans vidéo relayant des flux d’images parfois nébuleuses. S’agit-il seulement d’illuminer les villes, de les parer ? Ou bien, réfléchit-on de

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