Coupez la lumière : l’espace n’existe plus.
C’est le postulat du studio de création numérique knovcompile avec Over, Light, Space : Diffusion. Pour eux, la lumière n’éclaire pas l’espace, elle le fabrique. C’est elle qui trace les frontières de notre perception. Leur démonstration : un danseur contemporain face à un système de dessin laser interactif.
Et le dispositif va bien au-delà de la projection de motifs géométriques précalculés.
Sur le plateau, des capteurs de position et des caméras de profondeur mesurent en temps réel les déplacements du danseur. Un logiciel convertit instantanément ses trajectoires en signaux de commande destinés aux projecteurs laser. Quand l’interprète coupe un faisceau ou semble repousser une ligne de lumière, les capteurs répondent sans latence perceptible.
Restait à donner une matérialité à ces faisceaux. Pour que la lumière prenne l’aspect de murs et de voûtes, ce que le Studio nomme “architecture sensorielle”, la régie maintient un contrôle strict de l’hygrométrie et de la densité des particules de brouillard en suspension, le fameux “haze”. C’est la réflexion des faisceaux sur ces micro-gouttelettes qui matérialise les plans lumineux.
Résultat : le corps ne subit plus l’éclairage. Il sculpte, en direct, les parois modulaires de son propre espace scénique. Un vrai dialogue physique entre le danseur et la lumière.





