L’extrême droite vise l’hégémonie culturelle
Jalouse de l’autorité morale de la gauche dans les arts, l’extrême droite italienne s’échine, depuis l’élection de Giorgia Meloni en 2022, à subvertir les institutions culturelles en plaçant à leur tête des responsables en phase avec ses obsessions identitaires. Résultat, un scandale en chasse l’autre. Après s’être mis à dos des orchestres entiers et une partie du public, qui lui reprochent ses méthodes expéditives et son impéritie, l’exécutif prépare une réforme pour gagner du poids dans la gouvernance des opéras.

Une grande fresque bleue brille au plafond de la Fenice, comme un ciel d’été qui peut toujours, un jour ou l’autre, virer à l’orage. Par deux fois, en 1836 et 1996, elle a disparu derrière d’épais nuages de fumée, l’or et le stuc ont fondu et, par deux fois, l’opéra vénitien a dû renaître de ses flammes, à l’image de l’oiseau mythique qui
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