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Grand Palais d’été

La nouvelle scène spectacle vivant à Paris le temps de l’été

Nef après les travaux – Photo © Patrick Tournebœuf chez Tendance Floue pour le Grand Palais, Paris 2025

Après une première édition l’année dernière, le Grand Palais d’été ouvre de nouveau ses portes au spectacle vivant le mardi 2 juin prochain. En 2023, le constat était simple à l’arrivée de Didier Fusilier, son président : la nef du Grand Palais, espace principalement dédié aux privatisations, méritait une autre vie durant la saison estivale. Christophe Lemaire a hérité de la programmation spectacle vivant du Grand Palais en novembre 2025 et évoque ici ce temps fort aux allures de festival. Si les travaux nécessaires du Grand Palais, achevés en vue des Jeux Olympiques de Paris 2024, ont ouvert de nouvelles possibilités techniques – des trappes dans le sol permettent désormais le passage de câbles, des études ont validé les accroches sur les structures de la verrière et des passerelles –, mettre ce projet à la mesure de ce lieu hors norme n’est pas sans enjeux techniques. Playtime, qui conçoit et pilote la direction technique de nombreux projets artistiques et culturels depuis 2014, a répondu une nouvelle fois à ces exigences. Carole Kohen partage avec la Revue AS ses spécificités et ouvre les perspectives de ces projets spectacle vivant en dehors des lieux dédiés.

 

Propos recueillis auprès de Christophe Lemaire le 6 mai 2026

 

Synchronicité – Maud Le Pladec – Photo © César Vayssié

Configuration

Un été de spectacle vivant au Grand Palais, c’est la célébration des nombreuses formes qu’il comporte : ballet, cirque, culture drag, exposition, soirées clubbing. Si les récents travaux ont considérablement ouvert le bâtiment, permettant ainsi la circulation entre la nef et les galeries, et de nouvelles possibilités scénographiques, il fallait tout de même hiérarchiser les espaces. Une partition – mur de 8 m de haut coupant les ailes nord et sud pour ne conserver que le tronçon offrant la perspective du balcon d’honneur – vient cadrer l’espace sans le trahir. L’installation d’un gradin de 700 places l’an dernier, et porté à 1 000 cette année, assure sa polyvalence : le même soir, la nef peut accueillir 3 500 spectateurs debout pour une soirée clubbing, ou se transformer en dispositif presque tri-frontal avec gradins, assises et tatamis pour des formes plus intimistes. Ce qui frappe d’emblée ceux qui travaillent dans la nef, c’est son immensité – 35 m sous la verrière – et les contraintes que cela impose. Pas de cintres, impossible de faire le noir complet : il faut repenser chaque spectacle en fonction de l’espace, et non l’inverse. Pour Christophe Lemaire, c’est une conviction forte : “Cela n’aurait aucun sens de transformer cet espace en boîte noire. Il est suffisamment généreux et ouvert pour accepter aussi bien un duo que les célébrations du groupe”. La nef est une scénographie en soi et tous les spectacles accueillis sont ainsi réinterrogés, voire réinventés, pour répondre aux spécificités du lieu.

 

Nassim Baddag Lilian Damango – Photo © Quentin Chevrier

Coulisses techniques

– Une organisation millimétrée

Derrière cette programmation, une machinerie technique complexe que pilote Carole Kohen grâce à Playtime. Formant ainsi une sorte d’équipe de directeurs techniques qui travaillent tantôt ensemble, tantôt en se transmettant les projets afin de renouveler les regards ; une façon de rompre avec la solitude inhérente au métier, surtout hors structure permanente, tout en mutualisant bureaux et outils. Carole Kohen connaît bien le lieu : elle y intervient depuis 2005, d’abord en régie d’accueil. À ses côtés, une équipe resserrée : un directeur adjoint en charge des questions très techniques liées aux compagnies, une régisseuse générale et son adjointe qui gèrent la logistique avec le Grand Palais (distribution électrique, ménage, sécurité, accueil, billetterie) ainsi que des intermittents plateau, costumiers et habilleurs. Du côté du son et de lumière, comme la direction technique elle-même, les prestataires font l’objet d’appels d’offre publics. Si le son reste le défi le plus redoutable (lire l’article de François Vatin dans le dernier numéro de la Revue AS)(1), la verrière imposant ses propres contraintes acoustiques, le prestataire De Préférence a remporté le marché et se veut le spécialiste de ces problématiques.

 

Direction technique d’événements hors lieux dédies

Playtime est une structure fondée par Carole Kohen, Antoine Cochain et Nicholas Champion après de nombreuses éditions de la Nuit Blanche ou le Festival Paris l’été. Les lieux extérieurs ou non dédiés sont une des spécialités. Si elle réaffirme que la liberté artistique reste la motivation, une réalité de plus en plus pesante ne cesse de contraindre les choses, comme la multiplication des contraintes de sécurité. Les travaux du Grand Palais n’étant encore pas figés au moment de l’incendie de Notre-Dame, la Préfecture a durci ses exigences pour les établissements recevant du public et il se dote désormais d’un BAES tous les mètres, d’interdiction de fumée avec détecteurs omniprésents. L’arrêté de juillet 2022 sur les OPOS est venu alourdir encore davantage la charge administrative. Elle résume : “Nous passons un temps considérable à faire des dossiers, des notes, des demandes, des notes de calcul. Trouver le temps de bien répondre aux exigences de l’artistique tout en restant dans le cadre réglementaire, avec un budget serré, c’est là que se situe la vraie difficulté aujourd’hui”. Chez Playtime, on revendique désormais un dédoublement de rôle : un directeur technique dédié à la partie administrative et réglementaire, un adjoint concentré sur l’accueil artistique des compagnies préservant ainsi la qualité de leurs services.

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