Nouvelles tribunes de la Cour d’Honneur

1 947(1) places, entre ombre et lumière

Avec ses 600 000 visiteurs par an, le Palais des Papes, répertorié au patrimoine mondial de l’UNESCO, est le dixième monument le plus visité de France. Rétablir les équilibres, redonner vie au bâtiment sans rien sacrifier à la perception du public, autant de points de convergences sur lesquels propriétaires et exploitants se sont rapidement retrouvés. Au-delà des exploitations communes, du maintien de la jauge et de la réduction du temps des interventions, le projet se devait de porter un nouveau regard, dans un rapport plus harmonieux visant à restaurer le dialogue avec le monument.

Opération de grutage dans la Cour d’Honneur - Photo © Christophe Raynaud de Lage

Opération de grutage dans la Cour d’Honneur – Photo © Christophe Raynaud de Lage


Avant-propos

Le site historique partagé entre la ville d’Avignon et le département du Vaucluse peut accueillir jusqu’à 5 000 visiteurs par jour. L’exploitation est confiée, d’une part, à un affectataire permanent, Avignon Tourisme et, d’autre part, à un affectataire temporaire, l’Association de Gestion du Festival d’Avignon

“Grâce à la mobilisation sans faille des services du ministère de la Culture (Drac et DGCA) et de ceux de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le chantier entre au contrat de plan État-Région 2015-2020 pour un budget estimé à 3,8 M€. Le financement total de l’opération est donc pris en charge à 50/50 entre les deux collectivités, sans autofinancement du Festival.”(2)

Quatrième Cour en 1982, scénographique de Guy-Claude François - Photo © gallica.bnf.fr - Bibliothèque nationale de France

Quatrième Cour en 1982, scénographique de Guy-Claude François – Photo © gallica.bnf.fr – Bibliothèque nationale de France

Cinquième Cour en 2002, scénographique de Guy-Claude François Photo © Festival d’Avignon

Cinquième Cour en 2002, scénographique de Guy-Claude François Photo © Festival d’Avignon

La MOA regroupe l’Association de Gestion du Festival d’Avignon et sa maîtrise d’ouvrage déléguée, Citadis. Un projet mené de main de maître par une maîtrise d’usage engagée, dirigée par Philippe Varoutsikos, directeur technique associé aux équipes du Festival.

Le groupement Guillet et le mandataire Guillet SAS, désigné opérateur de maîtrise d’œuvre, regroupe, pour ce chantier de construction/réalisation, des acteurs aussi divers que complémentaires. L’idée du groupement remonte à une collaboration de longue date entre Fabien Guillet (constructeur, fabricant), Benoît Probst d’art&Oh (conception, direction technique, modélisation) et F.L. Structure (assemblage opérationnel sur site).

Sixième Cour, maquette numérisée, Kanju - Photo © Groupe Guillet

Sixième Cour, maquette numérisée, Kanju – Photo © Groupe Guillet

Fabien Guillet a trouvé les éléments d’expertise qui ont donné corps au groupement, en s’associant avec Félix Lefebvre (agence de scénographie Kanju), Philippe Maffre (agence [MAW], architecte du patrimoine), Master Industrie (conception fabrication des modules de tribune et des assises) et RT-Events (lumière, éclairage, signalétiques lumineuses, …).

La Cour se présente sous la forme d’un vaste terrain vague de 50 m x 50 m avec de fortes distorsions altimétriques. Dans sa version initiale, le projet, avant d’être définitivement acté par le jury, présentait une pente de tribune interrompue par un balcon, rupture qui permettait d’y intégrer les régies techniques. Cette version offrait une courbe de visibilité pratiquement identique à la version antérieure, avec une réduction sensible de la distance entre le dernier rang et le nez-de-scène. La version définitive se présente en une seule volée, plus compacte et sans rupture au niveau du public, alliant capacité, confort et visibilité.

Les âges de la Cour - Document © Festival d’Avignon

Les âges de la Cour – Document © Festival d’Avignon

Fabien Guillet nous confie que la réussite du projet tenait principalement au fait de revoir totalement l’organisation du montage tout en redonnant vie au bâtiment. Cette nouvelle installation devait prendre en compte les axes d’amélioration suivants :

  • Maintien de la jauge à 1 950 places, amélioration de l’accessibilité ;
  • Réorganisation des flux de circulation et des évacuations ;
  • Amélioration du confort et de la visibilité du public ;
  • Réduction globale des coûts et des temps de montage/démontage ;
  • Optimisation des opérations de grutage ;
  • Prise en compte de la pénibilité au travail avec, en premier plan, la réduction de l’exposition des salariés à des opérations à risques dues au travail en hauteur et la manutention manuelle ;
  • Création d’un espace scénique entièrement détrapable ;
  • Facilité d’entretien pour répondre à l’usure du temps et des éléments (pluie, vent, soleil) ;
  • Utilisation de matériaux et techniques plus écoresponsables.

Finalement, nous retrouvons à la fois cette grande quantité de matériaux, près de 400 tonnes, et cette ossature relativement aérée.

Implantation de la scène sur la zone de fouilles - Photo © Christophe Raynaud de Lage

Implantation de la scène sur la zone de fouilles – Photo © Christophe Raynaud de Lage

Trame support destinée au plancher niveau bas - Photo © Christophe Raynaud de Lage

Trame support destinée au plancher niveau bas – Photo © Christophe Raynaud de Lage

De nouveaux équilibres

Philipe Maffre nous raconte: “La volonté de rendre la Cour d’Honneur dans son état d’origine fut loin d’être une étape accessoire. Il fallait revoir intégralement l’inscription architecturale des installations du Festival au sein du monument. Cette nouvelle approche a su convaincre les élus et aura permis de relancer la réflexion en remettant tout le monde autour de la table. À ce titre, nous pouvons saluer tous ceux – dont Dominique Vingtain(3) – qui ont apporté un appui indéfectible à la bonne réalisation du projet et à l’obtention de l’autorisation de travaux”.

Étendue du dénivelé, scène côté jardin - Photo © Christophe Raynaud de Lage

Étendue du dénivelé, scène côté jardin – Photo © Christophe Raynaud de Lage

Pose des planchers (scène et parterre niveau bas) - Photo © Christophe Raynaud de Lage

Pose des planchers (scène et parterre niveau bas) – Photo © Christophe Raynaud de Lage

Point sur les versions antérieures

La tribune, devenue obsolète, arrivait pratiquement en bout de course. La Cour fut reprise en 2002. Remplacer l’acier par l’aluminium semblait, à l’époque, être la bonne préconisation. Très rapidement, et à l’usage, la fragilité du matériau a apporté quelques déconvenues. Malgré tout, les équipes du Festival ont, pendant plus de vingt ans, réussi à maintenir cet assemblage en état de recevoir le public en toute sécurité”, nous explique Félix Lefebvre.

Il faut bien comprendre que l’équipe du Festival devait réaliser une double installation. L’objectif était de venir combler à niveau 0 le relief très accidenté de la Cour d’Honneur en installant cet immense plancher soutenu par sa lourde structure primaire. Félix Lefebvre rappelle à juste titre “qu’il faut regarder tout ceci avec les yeux de l’époque […] Quarante ans plus tard, nous constatons que ce n’était peut-être pas la meilleure solution. La nouvelle installation est le produit de l’évolution des techniques et du retour d’expérience mais surtout d’un changement de discours vis-à-vis du monument. Nous n’avons pas voulu rayer d’un trait de plume les installations et le travail qui avaient été faits en 1982, puis en 2002 ; mais en partant de nouveaux éléments de réflexion, nous sommes arrivés à trouver d’autres solutions”.

Mégastructure, fond de cour, tour escalier à jardin - Photo © Patrice Morel

Mégastructure, fond de cour, tour escalier à jardin – Photo © Patrice Morel

Travées du plancher de scène entièrement détrapable - Photo © Patrice Morel

Travées du plancher de scène entièrement détrapable – Photo © Patrice Morel

Rétablir le lien avec le monument

Philippe Maffre tend à faire oublier les installations qui, selon lui, nuisaient à la lisibilité. Cette nouvelle approche architecturale, qu’il intitule “Les couleurs d’ombres”, propose une déclinaison texturée, appliquée à l’ensemble des traitements et des finitions. La démarche est particulièrement repérable au niveau des garde-corps et des assises, évitant toutes réflexions parasites en direction du monument.

Le travail de recherche aura permis de revoir intégralement la conception des ancrages prenant appui sur le rocher de la Cour d’Honneur. Le nombre de piliers supportant les descentes de charges a dû être revu à la baisse. Il devenait possible d’engager une réflexion qui conduirait à la complète réhabilitation de la Cour. Une étude déjà en cours vise l’effacement progressif des semelles et des inserts. Ils seront remplacés par ces astucieux patins en béton. Moulées à même le sol, ces assises de conception unique seront repositionnées chaque année aux mêmes emplacements.

Les anciens inserts et leurs semelles - Photo © Patrice Morel

Les anciens inserts et leurs semelles – Photo © Patrice Morel

Nouveau système de plots béton moulés à même le sol - Photo © Patrice Morel

Nouveau système de plots béton moulés à même le sol – Photo © Patrice Morel

– À chacun son siège

La journée, les visiteurs perçoivent le dessous de l’assise et le haut du dossier. Les anciennes assises de couleur rouge formaient une masse écrasante qui, depuis la Cour, enlevait pratiquement toute lisibilité. Les différentes nuances de bois placées à l’extérieur et les différentes couleurs des placets(4) situés à l’intérieur permettent d’obtenir une multitude de combinaisons apportant une valorisation individuelle au spectateur. Avec cinq couleurs de placets différentes, chacun pourra identifier sa place. Les cinq teintes de bois, allant du noyer en bas jusqu’au frêne en haut, en passant par différentes teintes de chêne, devraient permettre d’atteindre un équilibre entre la matière des assises, la prise de lumière et la texture de la pierre naturelle. Ce dégradé en cinq teintes de bois stratifié accompagne en quelques sortes les différents degrés entre ombre et lumière, visibles depuis la Cour jusqu’à la tête des tours. La numérotation des sièges est réalisée à partir de petites plaques de tôles en aluminium dessinées, de forme gauche. Ce montage original, reprenant l’esthétique de l’accastillage nautique, apporte une touche noble, dans un style soigné, du type poignées de bateaux.

2e niveau de circulation publique situé sous la tribune - Photo © Patrice Morel

2e niveau de circulation publique situé sous la tribune – Photo © Patrice Morel

Tour escalier à cour - Photo © Patrice Morel

Tour escalier à cour – Photo © Patrice Morel

Pente escamotable, accès Grande Audience backstage - Photo © Patrice Morel

Pente escamotable, accès Grande Audience backstage – Photo © Patrice Morel

Redistribuer les circulations

Difficile de changer les habitudes et donc l’entrée publique principale sera maintenue au niveau du porche de la porte des Champeaux. Les axes d’amélioration visaient à redistribuer les circulations et à rendre exploitables de nouveaux dégagements de secours avec la porte Notre-Dame et la porte de la Peyrolerie. Le premier axe de réflexion sur l’espace public porte sur la création d’une première circulation en anneau qui passe sous la tribune, se refermant par le devant de scène (niveau – 0,60 m).

Cette disposition décongestionne rapidement la zone de contrôle et renvoie naturellement le public devant se rendre aux places opposées en direction des deux tours d’escaliers. Reprenant le même principe, une deuxième circulation transversale raccorde les tribunes hautes aux tours d’escaliers et à la porte Notre-Dame (niveau + 2,98 m). Ce dégagement surélevé sert, de surcroît en journée, à approvisionner la scène en matériel depuis la porte Notre-Dame. La manœuvre s’effectue ainsi sans occasionner de perturbations avec les visiteurs circulant dans la Cour.

Assises rabattables (uniquement lors du déploiement) - Photo © Patrice Morel

Assises rabattables (uniquement lors du déploiement) – Photo © Patrice Morel

Coques en différentes nuances de bois, placet cinq couleurs - Photo © Christophe Raynaud de Lage

Coques en différentes nuances de bois, placet cinq couleurs – Photo © Christophe Raynaud de Lage

– Tout part de la scène

L’Association de Gestion du Festival tenait, pour des raisons scénographiques évidentes, à conserver l’image du mur et des arches. L’altimétrie et la profondeur de scène restent inchangées. Le niveau + 34,89 m est la référence altimétrique de tout l’ensemble.

– Le principe de base

Nous avons cette mégastructure constituée de trois niveaux de plates-formes, auxquels viennent se superposer les supports des régies et des passerelles de faces. Les trois niveaux de planchers en hauteur, destinés au déploiement des modules de tribunes télescopiques, sont complétés dans la continuité par un dernier niveau posé à même le sol. Ce vaste parterre décaissé de – 0,60 cm par rapport au niveau de scène a de multiple fonctions. Il convient au déploiement du premier niveau de tribunes, à la circulation du public et aux échanges de matériel avec le plateau. À cette fin et dans la continuité, deux pentes d’accès ont été aménagées de part et d’autre de la scène. À suivre, plus à l’extérieur et toujours de part et d’autre de la scène, nous retrouvons, côté jardin, un nouveau dégagement de secours débouchant sur la porte de la Peyrolerie et, côté cour, une pente d’accès repliable située en fond de scène au niveau de la salle Grande Audience (échanges avec les loges, locaux de stockage, matériel et costumes).

La suppression de la structure primaire aura permis de reprendre intégralement l’accès au niveau du porche de la porte des Champeaux. Le dénivelé n’étant plus que de 1,20 m, les escaliers d’accès public, une fois escamotés, laissent place à un large quai de déchargement, parfaitement adapté à la livraison de décors. La fluidité des opérations de chargement et de déchargement au niveau de la zone de livraison peut encore être améliorée. Pour cela, il suffit de replier les deux premières volées de tribunes télescopiques situées face à l’entrée.

Module de tribune télescopique en position repliée - Photo © Patrice Morel

Module de tribune télescopique en position repliée – Photo © Patrice Morel

Pièces de liaisonnage des garde-corps à fixation rapide - Photo © Patrice Morel

Pièces de liaisonnage des garde-corps à fixation rapide – Photo © Patrice Morel

Éclairage indirect à LEDs, intégré aux garde-corps - Photo © Patrice Morel

Éclairage indirect à LEDs, intégré aux garde-corps – Photo © Patrice Morel

– Nouvelle scène détrapable

Impossible de concevoir une volée de tribunes sans tenir compte du plateau. Le détrapage, dans l’ancienne configuration, s’avérait pratiquement impossible. Le plateau actuel reprend les principes d’une scène de théâtre avec ses dessous de scène. Les travées, conçues sous la forme de rues de 2,50 m de largeur, sont démontables à la main.

Nous retrouvons une première couche primaire répartie sur une trame de 4 m x 8 m, posée sur les anciennes semelles (qui ont dû conservées dans un premier temps). Vient par le dessus un calepinage en seconde couche, conçu cette fois à partir d’une trame de 2,50 m x 8 m. Les fabricants livrent les panneaux de CP multiplis en sections de 2,50 m x 1,25 m. Les trappes de 0,90 m x 1,25 m (deux trappes par maille) permettent d’optimiser le débit et de limiter les chutes. L’exploitant dispose ainsi d’un plancher 100 % détrapable.

Conception d’ensemble

La structure primaire, une fois en place, interdisait la circulation des engins de levage. Le processus de montage devait être entièrement revu. Avoir recours à des modules de tribunes préfabriqués est apparu comme une évidence. C’est donc bien plus l’aspect blocs de tribunes préfabriqués plutôt que la fonction télescopique qui est entré en ligne de compte dans l’étude préliminaire. En somme, il faut à peine six séances de nuit pour gruter les trente-et-un modules de tribunes à leurs emplacements respectifs.

– Modélisation 3D

Benoît Probst nous explique : “L’édition 2019 allait rendre l’accès à la Cour pratiquement impossible et ce jusqu’au démontage au mois d’octobre. Faisant suite à l’appel à candidature en début 2019, pour une livraison prévue en avril 2020 (reportée en 2021), nous avons décidé d’anticiper l’opération de relevé 3D au scanner de la Cour dès le mois de mars 2019. La société mandataire Guillet SAS a validé le financement de cette opération avant même d’être certaine d’avoir été retenue, un pari à l’époque très audacieux, depuis reconnu par l’ensemble des acteurs comme étant l’un des éléments déterminant de la réussite du projet”.

L’architecture de la Cour est assez remarquable. La ligne de partage, entre la zone de fouilles archéologiques et la cour gravillonnée, se situe approximativement dans l’axe de la porte des Champeaux. Le relevé 3D une fois terminé, les modélisations furent croisées avec les données du géomètre datant des années 2000, l’objectif étant de détecter les données discordantes. La maquette numérique (d’une précision inégalable) a permis de lancer, dans la foulée, les calculs de contraintes de charges. L’emprise de la mégastructure devait se limiter au 1/3 de la surface de la Cour. Le plancher de scène et le plancher du parterre niveau bas recouvrent à eux seuls la totalité de la zone de fouilles. Le rendu témoigne d’une conception finalement très habile.

Maquette 3D du porche - Document © Groupe Guillet - Benoît Probst

Maquette 3D du porche – Document © Groupe Guillet – Benoît Probst

– Modules télescopiques, oui mais …

Une équation somme toute assez complexe où il aura fallu allier à la fois les contraintes réglementaires dues à l’acheminement (gabarit hors convoi exceptionnel), le dimensionnement de l’emmarchement, le confort et la courbe de visibilité. La société Guillet a dû développer une remorque intermédiaire surbaissée, adaptée spécifiquement aux dimensions du porche de la porte des Champeaux. La dernière phase consistait à concevoir un gradin capable de supporter le déploiement des modules de tribunes télescopiques sur plusieurs niveaux.

– Le processus de montage s’inverse

Il y avait une certaine hérésie dans le processus antérieur. Le montage, qui a toujours été conditionné par la sortie de la grue par le porche en fin de montage, s’effectue toujours à partir du fond de la Cour mais cette fois en partant du haut vers le bas. Les éléments sont en majorité préassemblés au sol puis grutés aux emplacements prévus. Les équipes se contentent de boulonner les continuités. L’opération se termine par la pose des praticables et des garde-corps. Les planchers sont réalisés en contreplaqué extérieur, recouverts d’un film phénolique avec finition antidérapante.

Les profilés des praticables devaient reprendre la fixation des garde-corps à raison de 170 daN/ml. Ne trouvant pas de produits adaptés, la société Guillet SAS a décidé de développer son propre profilé en aluminium et de concevoir la pièce de liaisonnage des garde-corps. Cette dernière se présente sous la forme d’une fourchette amovible à fixation rapide. Notons au passage l’intégration en sous-face des mains courantes, d’un éclairage indirect par rubans LEDs. Le flux lumineux, naturellement dirigé vers le sol, évite ainsi toutes réflexions parasites.

Plan de niveau à - 0,60 m - Document © Groupe Guillet

Plan de niveau à – 0,60 m – Document © Groupe Guillet

Modules et assises

Yann Le Guyader (Master Industrie) nous dévoile quelques caractéristiques de conception et certains aspects de la tropicalisation (structure métallique, assise en bois, placet en simili cuir) : “La structure des sièges rabattables et l’ossature des garde-corps ont reçu un traitement par cataphorèse, un conditionnement complété par une série de couches de peintures texturées. Les assises, qui ont été calquées sur les standards exigés dans les applications nautiques, ont été conçues en contreplaqué marine aux chants vernis marine. Contrairement à l’ancien système, les assises libres se rabattent à la verticale et non à l’horizontale. Cette position statique à vide permet un bon écoulement de l’eau vers le sol et limite, de fait, la surface d’exposition au soleil. Toute la quincaillerie a reçu un traitement anticorrosion. Chaque module de tribune est protégé par une housse pendant les transports et les huit mois de stockage”.

L’assemblage final est un défi en soi, surtout à la jonction au niveau des angles. Lors du déploiement, l’alignement des différents modules doit s’effectuer au centimètre près.

Les modules du premier niveau peuvent être repliés en commençant par le tiroir le plus bas vers le tiroir de garage le plus haut ou inversement, en poussant l’élément de garage le plus haut vers le tiroir le plus bas (en direction de la scène). Un module de tribune replié libère un espace libre d’environ 9 m de profondeur.

Coupe longitudinale - Document © Groupe Guillet

Coupe longitudinale – Document © Groupe Guillet

 

Notes

  1. Analogie avec l’année de création du Festival d’Avignon
  2. Dossier de presse du Festival d’Avignon
  3. Directrice du musée du Petit Palais et conservatrice en chef du Palais des Papes
  4. Historiquement, petit siège sans bras ni dossier, parfois pliant, souvent garni de tissu

Scène

  • Ouverture : 37,50 m
  • Profondeur : 15,20 m
  • Dessous de scène : hauteur de 1,50 à 4 m

Gradin

  • Jauge : 1 950 places ou 1 942 places (incluant les fauteuils PMR)
  • Largeur : 32 m
  • Profondeur hors tout : 31,50 m
  • Hauteur totale : 11,60 m
  • 31 modules de tribunes télescopiques sur 4 niveaux

 

  • Maîtrise d’ouvrage : Association de Gestion du Festival d’Avignon
  • Mandataire Maîtrise d’ouvrage : Citadis https://www.citadis.fr/
  • Direction technique du Festival : Philippe Varoutsikos
  • Bureau de contrôle : Alpes Contrôles 
  • AMO : ArtSceno 
  • Maîtrise d’œuvre : Groupement Guillet 
  • Mandataire : Guillet SAS 
  • Fabrication structure gradin et scène : Guillet SAS
  • Scénographie : Kanju 
  • Conception et direction technique : art&Oh 
  • Tribunes télescopiques et fauteuils : Master Industrie 
  • Montage et démontage : FL Structure 
  • Lumière/éclairage : RT-Events 
  • Architecte du patrimoine : Maffre Architectural Workshop 

 

  • Coût total de l’opération : 3,8 M€ HT financés par l’État et la Région
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