Utopie et réalité
Propos recueillis par Clarisse Daull
À son ouverture, il y a vingt ans, le nouvel Opéra de Paris a été perçu mondialement comme une pièce maîtresse en matière d'architecture et d'équipements techniques. De par sa conception, au niveau scénique, et par les innovations techniques nombreuses qui y furent implantées, il devait permettre des changements de décor rapides et aisés. L'objectif politique était de construire un “opéra populaire”, offrant le choix le plus vaste au public le plus large. C'est en cela que le système de répertoire, selon le modèle allemand, y fut envisagé, et la technique afférente conçue. Or, comme le prouve clairement l'exemple de la Bastille, la machinerie et l'activité d'un opéra sont interdépendantes. Dans un dialogue franco-germanique, nous dressons ici le bilan en matière de machinerie de ces vingt années d'activité lyrique à l'Opéra Bastille. Notre entretien a permis de réunir Karin Winkelsesser -rédactrice en chef de la revue allemande BTR (Bühnentechnische Rundschau) et présente comme traductrice au bureau d'études présidant la construction de l'Opéra Bastille-, Jean-Michel Dubois -son premier directeur technique-, ainsi que Jean-Claude Hugues -l'actuel responsable technique des
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