Faire tenir deux corps à près de 4 m du sol sur des échasses droites tout en jouant l’intimité d’un couple, c’est le pari technique de la compagnie montréalaise Imagicario avec son Parédolia Duo, présenté ici au Centre sportif et récréatif de Montréal-Ouest. Les têtes sont remplacées par de véritables réverbères d’époque équipés de sources lumineuses autonomes alimentées par des batteries basse tension cachées sous les manteaux.
L’exercice impose une gestion des masses très particulière. Avec un centre de gravité perché aussi haut et des empattements au sol réduits à deux pointes de métal, le moindre coup de vent en extérieur menace l’équilibre. Pour que les deux lanternes puissent s’approcher, se pencher et se frôler sans que les échasses ne s’accrochent ou que les têtes ne s’entrechoquent, les interprètes doivent compenser en permanence par des micro-flexions du bassin et des chevilles. Les redingotes et les jupes volumineuses ne servent pas qu’au décorum : le grammage lourd du textile ajoute une inertie utile pour stabiliser la marche et masque les fixations des mollets.
C’est beau, c’est étrange et bien plus délicat qu’il n’y paraît !






