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Manu Di Martino : trois fois rien et du noir absolu

Pas besoin d’aligner dix semi-remorques de matériel pour captiver le public. En résidence au Centre culturel de Flémalle sur OKUS PENDULUM 2.0, Manu Di Martino fait le choix de la sobriété brute : une lampe de poche à la main, du noir autour et un vidéo mapping calé au millimètre en fond de scène.

L’effet fonctionne parce que la chaîne optique est pensée sans fioritures. Le danseur balaye le plateau avec sa torche, pendant que le serveur média balance des trames géométriques et des nuages de points calés sur sa gestuelle. La projection ne se contente pas de meubler le fond : elle dédouble le corps, colle des traînées stroboscopiques derrière le geste et simule un vrai mouvement de balancier.

Dans OKUS PENDULUM, la technique est au cœur de la performance. Le travail sur la lumière et le mouvement permet à Manu di Martino de faire apparaître des formes graphiques qui évoluent au fil de ses gestes, grâce à une synchronisation bluffante. Le dispositif ne constitue pas un simple support visuel : il participe à la création, dans un rapport étroit entre maîtrise technique et intention artistique.

C’est le croisement direct entre du matériel très basique et une régie vidéo réglée au cordeau. Une bonne démonstration qu’on peut fabriquer une vraie scénographie immersive sans alourdir la fiche technique.

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