Ou comment Chromateq range les rubans LED adressables dans la chaîne lumière
Il existe un maillon de la chaîne lumière que la plupart des fiches techniques préfère ignorer : celui qui relie l’univers DMX et les rubans LED à puces adressables. Chromateq propose, avec le CLUB SPI, un petit boîtier qui s’y attelle, en empilant dans 103 mm de hauteur des fonctions que l’on enchaîne d’ordinaire à coups de convertisseurs, de drivers et de petits players autonomes. Pas une révolution, mais une rationalisation, et c’est précisément ce qui mérite l’attention des directions techniques.

Le maillon qui restait en coulisses
Les rubans et modules à puces adressables (familles WS, TM, UCS et autres protocoles SPI standards) se sont imposés en scénographie, en muséographie et dans l’événementiel sans que la chaîne de contrôle se simplifie pour autant. Côté plateau, on travaille en DMX-RDM, parfois en Art-Net ou sACN ; côté décor, on bascule en SPI propriétaire, avec ses tensions, ses fréquences et ses contraintes de longueur de ligne. Entre les deux, la conversion reste souvent reléguée à des solutions hétérogènes, qu’aucun cahier des charges ne nomme vraiment, et que personne ne revendique jusqu’au jour du montage. Le CLUB SPI s’adresse à cette zone restée en réserve jusqu’ici. Le boîtier assure à la fois une sortie DMX-RDM 512 canaux et une sortie SPI jusqu’à 3 072 canaux, soit au maximum 1 020 pixels RGB ou 768 pixels RGBW – avec un framerate variable selon le mode : 15 images par seconde en USB Live, vingt-cinq images par seconde en Stand Alone. L’ordre de grandeur correspond bien aux installations légères ou de moyenne ampleur que l’on rencontre dans les vitrines, les parcours muséographiques, les décors télévisés ou les scénographies de club.
Trois modes, un même boîtier
L’intérêt pratique du CLUB SPI tient moins à ses chiffres qu’à l’empilement de fonctions dans une même unité. Trois modes distincts coexistent, sélectionnables via le DeviceTool fourni avec les logiciels maison (Quick Start Guide CLUB SPI, Manuals+) :
– Live : interface USB-DMX-SPI classique, pilotée en direct depuis PRO DMX 2 ou PIXXEM ;
– Stand Alone : lecture autonome d’un show préprogrammé en mémoire interne, sans ordinateur, déclenchée par DMX In, trois contacts secs intelligents ou télécommande infrarouge ;
– LED Driver : pur convertisseur DMX vers SPI, recevant une trame DMX en entrée, la traduisant en sortie SPI.
La mémoire interne autorise jusqu’à 8 000 pas pour sept univers (1 DMX + 6 SPI). De quoi alimenter une scénographie qui démarre seule, jour après jour, sans la béquille d’un ordinateur posé en coulisses. La conversation avec l’exploitant côté maître d’ouvrage en sort simplifiée : on n’installe plus une machine à entretenir, mais une boîte qui démarre seule, télécommande fournie d’origine dans le package.
Conversion DMX vers SPI : le détail qui change la donne
En mode LED Driver, le CLUB SPI pilote nativement 170 pixels RGB ou 128 pixels RGBW à partir d’une trame DMX 512 canaux, en correspondance directe : un pixel pour un triplet de canaux. C’est suffisant pour de petits décors, mais cela laisse de côté une bonne partie de la capacité SPI du boîtier. C’est ici que l’option de regroupement de 1 à 6 pixels prend tout son sens : en attribuant à chaque adresse DMX un bloc de plusieurs pixels physiques, le rédacteur du patch étend la portée du show jusqu’aux 1 020 pixels RGB ou 768 pixels RGBW de la sortie SPI, sans alourdir l’univers DMX. Pour la taille du show et la lisibilité du patch, l’économie est réelle, surtout sur des installations où l’on n’a ni le besoin ni l’envie de piloter chaque LED individuellement.

Ce que cela change pour les directions techniques
Vue depuis une direction technique, la valeur d’un objet comme le CLUB SPI ne se mesure pas seulement à ses caractéristiques, mais à ce qu’il évite. Moins de couches d’interface, moins d’alimentations à prévoir, moins de points de défaillance entre la console et le décor. Avec ses 103 x 50 x 37,5 mm pour 100 g et une alimentation flexible en 9 à 24 V DC ou en USB-C 5 V, le boîtier se loge dans un rack, dans un coffret technique ou directement dans un décor, sans imposer de nouvelle logique d’intégration. Ce mouvement s’inscrit dans la continuité de tout un courant que l’on observe aussi côté réseau, côté distribution électrique ou côté machinerie : remplacer plusieurs petits boîtiers spécialisés par un objet unique, mieux documenté, plus simple à transmettre à l’exploitant. On passe ainsi d’une logique d’empilement à une logique de chaîne lisible, où le pixel adressable cesse d’être une exception bricolée pour devenir un élément à part entière du dessin lumière. Le CLUB SPI ne dispense pas d’une vraie réflexion en amont sur la topologie SPI, la longueur des lignes, le choix des puces ou la gestion thermique des rubans, mais il rend cette réflexion plus lisible, et c’est déjà beaucoup.
Le CLUB SPI en bref :
– Sorties : DMX-RDM 512 canaux et SPI jusqu’à 3 072 canaux
– Capacité pixels : jusqu’à 1 020 RGB ou 768 RGBW, à 15 ips en USB Live et 25 ips en Stand Alone
– Mode convertisseur DMX vers SPI : 170 RGB ou 128 RGBW en correspondance directe, jusqu’à 1 020 RGB par regroupement de 1 à 6 pixels
– Mémoire interne : 8 000 pas pour 7 univers (1 DMX + 6 SPI)
– Déclencheurs : DMX In, trois contacts secs intelligents, télécommande IR fournie
– Compatibilité puces : familles WS, TM, UCS et autres protocoles SPI standards
– Alimentation : 9 à 24 V DC ou USB-C 5 V, 0,3 A
– Dimensions et poids : 103 x 50 x 37,5 mm, 100 g, boîtier aluminium
– Température de fonctionnement : – 40 à + 85 °C, certifications CE et RoHS
– Garantie : 3 ans. Prix public : 259 € HT.
Note technique
DMX et SPI, deux grammaires différentes
Le DMX est un protocole série différentiel normalisé (EIA-485), conçu pour des distances de plusieurs centaines de mètres et un univers de 512 canaux par ligne. Sa robustesse en exploitation tient à cette ingénierie de l’électronique de scène, pensée pour cohabiter avec des moteurs, des gradateurs et des longueurs de câble importantes. Le SPI, à l’origine bus interne entre composants électroniques, a été détourné par les fabricants de rubans LED adressables pour piloter individuellement chaque pixel. La trame n’est pas normalisée d’une famille de puces à l’autre (WS2812, WS2815, TM1814, UCS1903, etc.), les distances utiles sont courtes – typiquement quelques mètres avant réinjection – et la sensibilité aux interférences est forte. D’où l’importance, sur les installations pérennes, de soigner la position des drivers et la longueur des liaisons.





