L’utilisation de l’intelligence artificielle dans le spectacle vivant soulève beaucoup de questions, mais le projet Calligraphique apporte une réponse d’une grande élégance. Développé en résidence au LAB7 (l’incubateur créatif des 7 Doigts de la Main), ce projet ne cherche pas à remplacer l’humain mais à créer un pas de deux inédit entre le danseur-acrobate Thomas Parent et un algorithme.
Côté tech, nous sommes loin du filtre précalculé. Le designer interactif Raphaël Dupont (du studio Supply & Demand) utilise une caméra de profondeur Orbbec pour capturer la volumétrie du mouvement en temps réel. Ces données nourrissent un système génératif (via le logiciel vvvv) qui réinterprète la gestuelle avec une latence quasi nulle, projetant cette ombre « calligraphique » qui semble avoir sa propre volonté.
Ce qui est fascinant ici, c’est la texture de l’image générée. Au lieu de chercher le photoréalisme froid, l’équipe a travaillé sur une esthétique de l’esquisse, de l’encre qui bave. La technologie devient un amplificateur d’émotions : elle prolonge le geste du danseur dans le monde numérique, ouvrant un espace de dialogue où l’imprévu de l’informatique nourrit l’improvisation chorégraphique. C’est probablement ça, le futur pertinent de la tech dans nos métiers.






