Le cheval, cet animal grégaire, tout aussi puissant et majestueux qu’il semble, est naturellement un animal proie. Sa survie au cours des dernières millions d’années passées, bien avant la domestication que nous lui connaissons aujourd’hui, dépendait du groupe et de sa capacité à anticiper le danger.

Il perçoit l’environnement sur près de 340° grâce à la position latérale de ses yeux. Cependant il présente deux angles morts – jusqu’à 2 m devant lui ainsi que derrière sa croupe. Seule une zone restreinte de 60 à 65° devant lui offre une vision binoculaire avec perception du relief ; partout ailleurs, sa vision est monoculaire donc particulièrement sensibles aux mouvements.

La moindre brusquerie ou soudaine apparition dans ses angles morts pourrait provoquer une réaction de fuite instinctive. C’est pourquoi l’éclairage d’un tel événement est un point essentiel. Il est nécessaire de garantir le sentiment de sécurité et la sérénité des chevaux afin que ceux-ci puissent distiller au public toute la grâce et la distinction que nous leur connaissons, tout particulièrement pour une représentation digne du Cadre noir de Saumur, l’étoile parmi les étoiles du firmament équestre, fleuron national, fierté historique ; apogée du dressage à la française et de la discrétion des aides tant attendue. L’environnement du cheval est essentiel à l’expression de la finesse. La mise en lumière doit être minutieuse – sa conception millimétrée, son intensité progressive, ses couleurs souples – accompagnée d’une vigilance constante.

C’est donc tout naturellement au Touquet-Paris-Plage que se tenait le prestigieux Gala des Écuyers du Cadre noir. Emblème du monde équestre : abriter un tel événement ici paraissait une évidence. Le raffinement du Cadre noir fusionne avec l’historique des lieux et le poids de la station dans la tradition hippique, même pour qui découvre à peine l’univers du cheval.


Pour répondre à la subtilité de ce défi, sans omettre ceux que la nature elle-même nous impose, nous rappelant à son pragmatisme presque brut au milieu de cet instant de communion magique entre l’homme et l’animal, le prestataire technique Alive (agence d’Angers) a choisi de mettre l’innovation technique au service du vivant. Le prestataire et son équipe technique ont choisi de faire appel au nouveau projecteur conçu par Chauvet Professional, le Maverick Storm 2 Profile. Doté d’une source de LED de 580 W alliée à une plage de zoom allant de 5.5° à 58.6°, il marie robustesse, précision et souplesse. Sa certification IP65 lui permet d’affronter vaillamment la poussière de sable remontant des carrières, l’humidité et la pluie, aléas inévitables lors d’événements en extérieur.

Charley Guitton, chargé d’affaires pour Alive, et Esteban Sabatier, pupitreur en charge de la gestion l’éclairage de ce projet, témoignent : “Nous avions besoin de projecteurs IP65, étant donné que les spectacles se déroulent en extérieur et qu’il y a beaucoup de poussière avec les chevaux du Cadre noir, sans parler de la pluie potentielle”, a déclaré Charley Guitton. Ce à quoi Esteban Sabatier a ajouté qu’il avait particulièrement apprécié ces projecteurs pour “leur large ouverture, leur puissance, leur colorimétrie, et leur incroyable portée de plus de 70 m. Nous avons utilisé seize projecteurs au lieu des vingt initialement prévus, ce qui démontre leur efficacité”.

Le choix scénographique s’est donc naturellement porté sur la douceur et la polyvalence de la lumière : ici, pas de stroboscopie ni de transitions abruptes ; chaque effet est enregistré pour sublimer l’élégance du geste, accentuer la poésie du mouvement, sans trahir la quiétude du troupeau. “Nous avons choisi ces projecteurs pour leur efficacité, leur grande ouverture et leur faculté à magnifier sans troubler l’animal”, explique Esteban Sabatier. “Ces projecteurs sont de haute qualité et abordables, ce qui les rend parfaits pour nos besoins. De plus, nous avions besoin de projecteurs très puissants, car ils sont placés loin de la scène (70 m) et qu’il fait encore jour pendant la première partie du spectacle.”

Ce choix technique prend tout son sens lorsque la lumière naturelle décline et laisse progressivement place à celle des projecteurs. Les chevaux, dotés d’une vision très sensible aux variations de contraste, requièrent une véritable délicatesse lors de cette transition : un changement brutal de luminosité pourrait les désorienter, générer du stress ou un réflexe de fuite.

La réussite de ce ballet, où la lumière se fait oublier, doit beaucoup à la cohésion humaine : technicien.ne.s, régisseur.se.s, chargé.e.s de sécurité. Tous les membres des équipes – techniques, productions, palefreniers, grooms – se sont unis pour donner vie à un événement pour lequel la clé du succès réside dans la quiétude des coulisses, où la technologie brille par sa discrétion en s’effaçant face la grâce du couple cavalier-animal. Ce travail collectif incarne le souci constant du Cadre noir de Saumur pour l’excellence et le respect – démonstration que, même sous la lumière la plus innovante, la priorité demeure la sérénité. Celle de l’artiste, la première étoile, ici le cheval, incontestablement.
Charley Guitton et Esteban Sabatier ont collaboré avec une équipe talentueuse comprenant Jean-Philippe, directeur général d’Alive Angers ; 50 Prod, l’organisateur de l’événement – notamment Alexandre Demaere, le régisseur technique et Philippe, le responsable sécurité.

Photo d’équipe, de gauche à droite : Léo Simon (Tech Light), Laetitia Balland (Chauvet Professional France), Guillaume Voisin (régie son), Pierre Lecointre (Tech Light), Étienne Perdiguero (Tech Light), Raphaël Soulard (Tech Light), Esteban Sabatier (régie lumière), Dylan Lemarchand (régie son), Alexandre Demaere (régie générale), Florian Bonnefoy (chef électro), Axel Prud’homme (chef rig), Benjamin Lerenard (Tech Light).





