Un laboratoire itinérant pour penser l’avenir des musées en région
Le 30 juin 2026 prochain, le Palais des Beaux-Arts de Lille accueillera une nouvelle édition de CulturLab, un rendez-vous à l’initiative de professionnels, imaginé par PROMUSEUM et XPO, la Fédération des concepteurs d’expositions. Depuis son lancement à Orléans il y a un an, et après Wingen-sur-Moder, Albi, Aix-en-Provence et Dijon, cette journée d’échanges poursuit son ambition de rapprocher les acteurs du patrimoine, de l’exposition et de la conservation autour des enjeux qui transforment les institutions culturelles.

Propos recueillis auprès de Sylvie Carlier au SITEM, le 25 mars 2026, et avec Fanny Legros le 13 avril 2026
Faire dialoguer les territoires et les métiers
Créée en 1987, PROMUSEUM accompagne les musées et institutions culturelles dans leurs missions d’exposition, de conservation et de médiation. CulturLab est né en 2025 grâce à Juliette Bourdillon, sa présidente. Il prolonge les webinaires techniques qu’elle avait initié et se rapproche davantage des professionnels et des réalités territoriales. Organisé en partenariat avec XPO, qui rassemble les associations représentatives des concepteurs et professionnels de l’exposition, CulturLab se veut un espace de dialogue entre conservateurs, commissaires d’exposition, régisseurs, chargés de collections, scénographes, restaurateurs, responsables du numérique, représentants de collectivités, élus ou encore agents de la DRAC. Sylvie Carlier, co-présidente d’XPO, explique : “Nous avions cette volonté commune, avec Juliette Bourdillon, de sortir de la centralisation parisienne et d’aller à la rencontre des écosystèmes régionaux”. Chaque édition est ainsi conçue avec le musée hôte afin d’aborder des problématiques ancrées dans les réalités locales tout en répondant aux préoccupations nationales du secteur.

À Lille, CulturLab explore l’après écoconception
À raison d’un rendez-vous par trimestre depuis 2025, une journée CulturLab réunit en moyenne une cinquantaine de participants et entre cinq et sept intervenants. Son format est désormais bien établi : accueil par le musée partenaire, introduction par Juliette Bourdillon, conférences, ateliers participatifs, carte blanche au musée d’accueil et visite des lieux en fin de journée. Pour la prochaine édition lilloise, le fil rouge sera celui de l’écoconception, dont la Fédération se veut motrice depuis 2024.(1) Alors que le Palais des Beaux-Arts de Lille semble bien avancé dans la question,(2) la matinée s’ouvrira sur une réflexion intitulée “L’éco-conception… et après ?”. Les participants pourront notamment explorer les nouveaux outils et référentiels qui structureront le secteur de demain : la très prochaine ouverture de la plate-forme OCRE, les référentiels de l’ICOM (International council of museums) ou encore les future normes AFNOR, qu’XPO a achevées et est maintenant en train de relire. Deux ateliers viendront prolonger les échanges. Pour Fanny Legros, co-présidente de la Fédération XPO, le prolongement de ces réflexions en ateliers élargit la capacité du secteur à s’adapter : “Nous avons tendance à limiter l’écoconception à la scénographie ou aux matériaux, or elle peut aussi concerner les outils numériques, les éditions, les questions d’accessibilité ou encore les dispositifs de médiation. L’idée est d’aller voir tout ce qui se passe autour de l’exposition et d’explorer des sujets plus fins, parfois plus différenciants”. L’après-midi sera consacré à la question des interactions avec les publics. Avant la visite des lieux, le musée lillois a choisi de dédier sa carte blanche à l’art thérapie.

Vers une cartographie des enjeux des musées français
Après une année de rencontres à travers la France, les organisateurs constatent que les besoins restent importants. “Nous nous rendons compte qu’un certain nombre de professionnels n’est pas toujours informéou sensibilisé aux enjeux auxquels ils font face”, observe Fanny Legros. Si l’écoconception demeure un sujet majeur, CulturLab élargit progressivement son champ d’exploration vers les questions de financement, de ressources ou d’accessibilité afin d’accompagner des établissements déjà engagés dans leur transformation. Pour les deux co-présidentes de la Fédération XPO, la force du dispositif réside avant tout dans sa capacité à irriguer les territoires. En allant directement à la rencontre des professionnels, CulturLab contribue à renforcer le maillage du secteur culturel français, à mieux comprendre les attentes des maîtres d’ouvrage et à diffuser plus largement les bonnes pratiques. Avec de nouvelles étapes déjà envisagées à Nice puis à Paris d’ici la fin de l’année, le laboratoire itinérant poursuit son développement. À terme, ses organisateurs espèrent dresser une véritable cartographie des préoccupations qui traversent aujourd’hui les musées français et contribuer, par l’échange et l’expérimentation, à imaginer les solutions de demain.






