C’est l’image qui tourne partout en ce moment : une main géante, cybernétique, semblant sortir de l’écran pour attraper le public au concert de David Guetta. Mais au-delà de l’effet « wow » viral sur Instagram, il faut s’arrêter sur la prouesse technique réalisée par l’équipe de High Scream, le studio de Romain Pissenem qui pilote cette scénographie massive intitulée « Monolith ».
Ce que nous voyons ici n’est pas de la 3D holographique, mais bien une maîtrise absolue de l’anamorphose sur un écran LED à angle droit (90°). Le principe est vieux comme la Renaissance, mais il est ici appliqué à une échelle industrielle pour l’Ushuaïa Dubai Harbour Experience. La vraie difficulté technique pour les équipes de contenu n’est pas tant la modélisation, que la gestion du « sweet spot ». Cette illusion de profondeur parfaite ne fonctionne mathématiquement que depuis un point de vue unique, centré sur l’arête du cube.
Tout le génie de la prod a consisté à concevoir des contenus (la main, le robot, les structures abstraites) qui “trichent” avec la perspective. Même pour les spectateurs situés sur les côtés – qui voient l’image déformée – la dynamique visuelle reste cohérente grâce à un mapping qui joue sur la verticalité et la lumière volumétrique. C’est un cas d’école : comment concevoir un show impressionnant pour les 5 000 personnes sur place, tout en étant calibré au millimètre pour devenir viral sur les millions d’écrans de smartphones ensuite.






