Un huis-clos dans le monde
“Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.” C’est ainsi qu’Albert Camus s’est exprimé lors de la remise de son prix Nobel en 1957. Nous espérions trouver cette pensée dans la mise en scène des Justes d’Abd Al Malik, en octobre 2019, à l’occasion de l’ouverture du Théâtre du Châtelet. Cette pièce emblématique avait toute sa place dans le débat d’idées et de réflexion toujours actuel. Mais les interrogations ont été moins d’ordre idéologique qu’artistique.

En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes appartenant au parti socialiste révolutionnaire organise un attentat à la bombe contre le Grand Duc Serge Alexandrovitch, oncle du Tsar. Les débats contradictoires les agitent. Ils sont prêts à sacrifier leur vie et à tuer pour faire triompher leur juste cause. Mais jusqu’où faut-il aller ? Une confrontation idéologique s’installe





