Une tragédie chorale
Invité par Thomas Ostermeier à réaliser une mise en scène avec la troupe des comédiens permanents de la Schaubühne à Berlin, Simon McBurney, cofondateur de la compagnie Complicité, a choisi d’adapter le seul roman achevé de Stefan Zweig, paru en 1938, alors qu’il a fui la montée du nazisme en Autriche-Hongrie pour s’exiler en Angleterre.

Un homme, Anton Hofmiller, va raconter à l’auteur, avec lequel il a sympathisé, une histoire tragique de sa jeunesse. Nous sommes en 1914, quelques mois avant l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand. Le jeune Hofmiller est alors un lieutenant de cavalerie de vingt-cinq ans en garnison dans une petite ville de province. Il est introduit au château du riche baron de Kekesfalva pour un somptueux dîner et, grisé par l’ambiance, il commet l’indélicatesse d’inviter à danser la fille de l’hôte, Edith, donc il ne s’est pas aperçu qu’elle est paralytique. La honte qu’il ressent alors le plonge dans une inéluctable tragédie : par pitié il va bientôt





